Démotivation des bénévoles : conséquence du manque de soutien des pouvoirs publics ?
La Bretagne n'échappe pas à la démotivation des bénévoles constatée dans l'ensemble du pays, mais d'où vient cette lassitude ? Le Mouvement Associatif de Bretagne apporte des éléments de réponse dans les médias locaux.
La Bretagne est-elle touchée par une crise
du bénévolat ?
émission du mardi 08/09/2026 (à partir de 14 min 30)

HITWEST
Émission du 06/09/2026
Associations : 500 000 bénévoles en moins, une rentrée sous tension
Les forums des associations font leur rentrée dans l’Ouest alors que le secteur traverse une période difficile. 500 000 bénévoles ont quitté les associations en un an, et beaucoup font face à des difficultés financières, avec la crainte de nouvelles coupes budgétaires en 2027. En Bretagne, le Mouvement associatif alerte sur la lassitude des bénévoles et défend le rôle essentiel des associations dans le maintien du lien social.
Vous avez peut-être prévu de vous y rendre en ce mois de septembre : les forums des associations étaient déjà très nombreux, ce samedi (5 septembre) dans l'Ouest, de Laval à Saint-Herblain, en passant par Saint-Brieuc, Quimper, Saint-Nazaire, etc. Des associations qui ne sont pas toujours en grande forme, en cette rentrée 2026 : elles ont perdu 500 000 bénévoles depuis un an, au niveau national, et sont nombreuses à connaître des difficultés financières.
Des associations en difficultés
Alors que la présentation du budget 2027 approche, les associations redoutent de faire à nouveau les frais de la politique d'austérité, comme en 2026. Ce qui est serait le plus mauvais des calculs, pour Thierry Abaléa, président du Mouvement associatif de Bretagne : " supprimer 1 000 euros de subvention à une association, c'est inévitablement à moyen et à long terme faire peser un coût bien supérieur.
Quand on a perdu le lien social, quand on n'a plus les moyens de proposer à ses propres enfants de pratiquer des activités le mercredi, le samedi, le dimanche, que ce soit des activités sportives ou culturelles, ça génère un certain nombre de coûts sociaux et pour ne pas dire même de coûts pour la santé. Un euro de données au sport, c'est directement ou indirectement 15 euros d'économie pour la collectivité si on compte aussi les coûts évités sur la santé.
Et donc aujourd'hui, prendre le risque de mettre en danger ce tissu associatif dans sa diversité, c'est demain être face à des enjeux et à des coûts encore plus exorbitants que les économies de bout de chandelle auxquelles on pourrait assister."
Des études récentes menées dans l'Ouest et ailleurs en France mettent en évidence une grande lassitude des bénévoles comme des salariés d'associations, comme l'explique Thierry Abaléa. Aujourd'hui, "l'essentiel des instances des associations, quelle que soit leur taille, passent beaucoup de temps à traiter des questions de gestion au quotidien, et il n'y a plus beaucoup de place pour des idées nouvelles, pour des expérimentations ou des activités nouvelles.
Avec quels moyens ?
L'essentiel du travail des bénévoles d'associations, c'est de trouver les moyens au moins de maintenir l'existant, voire de freiner la perte de l'existant ou de devoir faire des choix de restriction d'activité... et ça, au bout d'un moment, quand on est bénévole d'association, ça crée un sentiment de découragement et de lassitude, et de découragement."
"Les jeunes en Bretagne s'engagent plus qu'ailleurs en France"
Dans ce contexte, Thierry Abaléa compte sur un rebond de l'engagement citoyen, pour faire vivre la précieuse spécificité bretonne. "Les jeunes en Bretagne s'engagent plus qu'ailleurs en France. Les jeunes retraités aussi s'engagent plus qu'ailleurs. On est moins inégalitaire en termes de parité homme-femme dans les responsabilités associatives en Bretagne qu'ailleurs et il y a une plus grande mixité sociale dans le bénévolat associatif en Bretagne.
On coche toutes les cases. Le monde associatif et la culture associative en Bretagne est un vrai patrimoine commun qu'il faut nourrir, cultiver et préserver. Ce que disent les bénévoles toujours engagés, c'est qu'ils sont à la fois les artisans du lien social, ils s'engagent bénévolement sans attendre de retour en particulier pour avoir le sentiment d'être utile, mais aussi de rencontrer d'autres gens qu'ils ne rencontreraient pas autrement."
Pour rappeler le rôle des associations en France, refuser les coupes budgétaires et pour s'inviter dans la campagne présidentielle, une mobilisation citoyenne a été lancée cet été : "La France qui se bat" sera le slogan d'une campagne de communication dans les semaines et les mois qui viennent.

